Le jour où j’ai rencontré mon idole

Rencontre avec Awa-Lys Verschueren

musique

Awa-Lys sort de son cours de solfège à l’Académie de Forest. Elle a neuf ans, une petite soeur, des tresses, et envie de jouer du piano. Elle fait partie des quelques milliers de personnes qui, le 2 septembre dernier, se trouvaient dans le parc de Forest pour le festival Forest Sounds. Le temps d’une journée, une partie du parc s’était métamorphosée, habillée de deux scènes et de sculptures en bambous pour accueillir une dizaine de concerts teintés aux couleurs du monde entier, des spectacles intergénérationnels et des ateliers créatifs. La première édition de ce festival éclectique et familial représente un jour particulier pour Awa-Lys : celui où elle a rencontré son idole.

Awa-Lys habite dans le quartier de la place Saint-Denis, elle se rend assez rarement au parc de Forest : “Seulement quand il y a du soleil ou de la neige, parce qu’il y a une pente parfaite pour la luge”.

Elle raconte que ce jour de septembre, le parc s’était recouvert de monde. “Les concerts ont commencé l’après-midi. J’ai d’abord vu Jayeness, un groupe de rap, plein de gens dansaient. À côté de la scène, une partie du public s’installait sur des tables et bancs pour manger et boire, on pouvait même manger des insectes ! “ Elle poursuit : “Ensuite, j’ai participé à un atelier pour faire des badges. J’ai choisi comme image une tête d’aigle.”

 

La demoiselle en vient au musicien qui fait l’objet de son adoration : “Témé Tan, je l’avais déjà vu à Esperanzah, mais de très loin. À Forest Sounds, j’étais au premier rang.” À la fin du concert, Awa-Lys s’approcha des tentes noires derrière la grande scène : les coulisses. Elle se planta là, devant la sortie, avec l’espoir de voir sortir celui que certains journalistes appellent “l’enfant prodige de la scène bruxelloise” ou encore “l’artisan afro-pop”. Devant cette étroite porte de sortie du backstage, Awa-Lys tomba sur Benoît, qu’elle a connu au BRASS lors d’un stage de vacances qu’il animait.

 

“Tu attends quelqu’un ?” lui demanda Benoît. “Oui. Témé Tan.” Benoît fit entrer Awa-Lys dans la tente-coulisses, et Charles (échevin de la Culture de Forest) alla chercher Témé-Tan. Quelques minutes plus tard, Awa-Lys se retrouvait nez-à-nez avec l’homme-orchestre. Elle lui tendit un morceau de papier déchiré récupéré dans le stand de sérigraphie, il lui signa un autographe, ils discutèrent un peu – personne ne saura ce qui s’est dit. Awa-Lys repartit à toute berzingue pour annoncer la grande nouvelle à ses parents, et la journée se poursuivit, voyant disparaître les enfants un à un au fur et à mesure que la nuit tombait. Pendant ce temps, la fête continuait pour les adultes, avec en point d’orgue le rock touareg de Bombino qui transforma la piste de luge en véritable marée humaine.