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Intérêts
Boîte à Clous

▴ Rencontre avec Pierre Delcourt

atelier/stage | fête | jeune public

[2017] Boîte à Clous, c’est avant tout un collectif d’artistes qui travaillent l’objet. Leurs expérimentations prennent la forme de cabarets, de spectacles de rue, de théâtre d’objets et, à presque toutes les vacances scolaires, de stages créatifs pour les 6-12 ans. Ces derniers se déroulent tantôt au BRASS tantôt à l’Abbaye de Forest. Conception de fanzines délirants ou de BD ampoulées, de fringantes émissions radio ou de films d’animations inspirés : les enfants se révèlent lors de ces stages comme des artistes à part entière. Au cours des dernières années, les créatures de Boîte à Clous, bêtes géantes tout droit sorties d’un rêve et autres installations de bric et de broc ont marqué SuperVliegSuperMouche, le festival le plus poétique de Belgique. Rencontre avec Pierre Delcourt, une des têtes pensantes de Boîte à Clous.

Tout commence il y a vingt ans lorsque deux étudiants en illustration, Bernard Delcourt et Philippe Evens créent un spectacle de marionnettes pour leur jury de fin d’année. Le spectacle tient la route, il commence à tourner ; l’asbl Boîte à Clous est créée. Le groupe d’artistes grandit, ils viennent de diverses disciplines (illustration, son, photographie…) ils créent des spectacles ensemble avec cette marque de fabrique : un univers un poil loufoque, un poil foutraque. Plus tard, le collectif s’implique dans la Zinneke (parade qui se déroule tous les deux ans à Bruxelles) et commence à travailler dans la rue, en grand format.

Parallèlement, les artistes-animateurs de Boîte à Clous collaborent avec des associations néerlandophones dédiées à l’apprentissage des langues. “Dans nos ateliers et stages, nous avons très vite utilisé les objets pour permettre aux participants d’apprendre le français» se rappelle Pierre. De ce goût pour l’animation qui s’appuie sur les objets naît « Les 400 coups », la branche de Boîte à Clous consacrée aux activités avec les 6-12 ans. L’envie : laisser de côté l’aspect didactique lors de stages essentiellement créatifs.

 

“On s’est rendu compte qu’il y avait beaucoup d’infantilisation dans les stages pour enfants, et on voulait vraiment faire quelque chose avec les enfants, pas pour eux”. Pierre insiste sur cette idée : “Quand on construit un spectacle de cabaret, lors d’un stage, il y a une présentation publique à la fin de la semaine et nous, animateurs, sommes en scène avec les enfants. Quand c’est un stage radio, le résultat du travail avec les enfants est diffusé sur Radio Panik. En ce qui concerne les stages d’été à l’Abbaye de Forest, ils se terminent par une exposition dans les deux grandes galeries et à l’extérieur. La collaboration avec les enfants est très gaie, parce qu’ils sont beaucoup plus délirants que les adultes ! Et aussi parce qu’on réalise des choses qu’on ne ferait peut-être pas sans eux.”

En toute logique – car l’un et l’autre partagent un esprit commun qui se situe quelque part entre récup et chimère – cette Boîte à Clous s’est retrouvée les dernières années dans le festival SuperVliegSuperMouche. Une année, les acolytes de Pierre ont inventé Zapoï, un grand élan sur lequel pouvaient monter les enfants. Une autre année, de l’imagination du collectif est sorti un énorme poisson blanc qui se promenait dans le Parc de Forest en éructant des jets d’eau. Une autre année encore, le public a pu connaître les joies de la boucherie Renard, “une espèce de boucherie amusante, comme un cirque, qui ne donne plus envie de manger de viande après.” L’année dernière, près du bac à sable se tenait “La Machine Infernale” une sorte de grand robot métallique actionné par un vélo qui opérait un tri sélectif des déchets.

Les 19 et 10 juin prochains, explique Pierre, Boîte à Clous ne sera pas pas au festival SuperVliegSuperMouche “car nous serons en pleine création pour l’édition 2019 !” explique Pierre : “Avec un spectacle qui s’apparente à un contrôle technique pour humains…. On travaille rarement des sujets sérieux mais là, c’est une collaboration avec le collectif flamand Bolwerk qui a l’habitude des sujets forts. Il s’agit d’une parodie sur le burnout, sur l’épuisement au travail. On y rigole de ce qu’exige de nous la société aujourd’hui : on nous demande en même temps d’être rapide et d’être zen. Alors on ne sait plus où se mettre.”

« Chez Boîte à Clous, il y a deux ou trois personnes qui savent parler, les autres préfèrent se cacher derrière les objets. »