FrancoFaune

On en parle avec Florent Le Duc

musique
Florent Le Duc

Vous avez dit “FrancoFaune” ? Le festival qui célèbre en octobre la biodiversité musicale francophone s’arrêtera au BRASS le temps de deux concerts. L’idée : mettre en avant des espèces musicales en voie d’apparition. Entretien avec Florent Le Duc, batteur et directeur du festival.

Le festival FrancoFaune, c’est quoi?

C’est plus de trente projets musicaux francophones dans douze lieux bruxellois. Pour 2017, nous avons à l’affiche dix-neuf Belges, huit Français, six Canadiens et deux Suisses. On est très ancrés à Bruxelles, et fiers de travailler à Molenbeek. On collabore avec le VK depuis longtemps. On va aussi à Watermael-Boitsfort, dans des quartiers où on essaie de faire bouger les quinquagénaires sur des musiques qu’ils n’ont pas l’habitude d’entendre. On essaie toujours de ne pas poser des ovnis, de faire des choix de programmation en lien avec les lieux qui nous accueillent.

C’est la première année que FrancoFaune investit le BRASS…

C’est vrai ! On a observé la dynamique qui est en cours à Forest en général et au BRASS, on se sent cousins dans le rapport aux artistes, dans les prises de risques (la programmation d’artistes qui ne sont pas encore connus). De plus, il me semble que le BRASS a une programmation « chanson » qui s’assume de plus en plus. Je pense à Clare Louise, Matthias Bressan, Gérald Kurdian, Baptiste Brunello…  Des artistes qui ont joué au BRASS et que le festival FrancoFaune a programmés.

« Pour quelques arbres, type Stromae ou Arno, quelle forêt de talents francophones derrière? À FrancoFaune, on voit cette forêt, on l’élague, on la fait grandir. »

Quels musiciens pourra-t-on écouter au BRASS pour cette édition 2017 ?

Le 14 octobre, dans l’après-midi, nous avons prévu une “sieste musicale” en compagnie d’une artiste québécoise, Sarah Toussaint-Léveillé. Ses chansons douces-amères oscillent élégamment entre pop et chanson folk. Et nous avons concocté une soirée le 11 octobre avec Sages comme des Sauvages et Badi.

Que pourrais-tu dire de Sages comme des Sauvages ?

La première fois qu’on les a entendus on s’est dit “Ouah ! Il y a un vrai truc !” Sur scène, ils n’ont pas démenti. Ils ont une complicité très forte. Dans l’écriture, ils ont ouvert les portes et les fenêtres : on sent des influences de l’île de la Réunion, de la France… Ava Carrère est gréco-américaine, Ismaël Colombani est corse. En termes de mélange des genres et des sons, c’est très riche. Ismaël peut faire sonner tout ce qui passe entre ses doigts qui a des cordes.

Et sur Badi ?

Badi c’est une couleur complémentaire. Il est dans une veine hip hop, “spoken word”, avec des rythmes de rumba congolaise. Badi a des racines à Kinshasa mais il  a toujours vécu à Bruxelles. Ses voyages là-bas ont formé la trame de son écriture qui évoque des sujets politiques, de société ; il trace par exemple des parallèles entre les boulevards de Kinshasa et de Bruxelles. En écoutant sa musique, on fait littéralement des allers-retours Belgique-Congo. C’est quelqu’un qui est véritablement auteur, avec la difficulté que cela comporte : quand tu es sur scène, comment rends-tu hommage à l’auteur et comment oublies-tu l’auteur pour te consacrer à l’interprétation ?  Ça fait partie des choses qu’on travaille avec lui (et beaucoup d’autres), depuis sa sélection au Parcours FrancoFaune, notre programme d’accompagnement