Nuits Sonores Bruxelles

On en parle avec Sebastiaan Bassleer

musique

Du 14 au 17 septembre, les Nuits Sonores débarquent à Bruxelles ! Fer de lance des musiques électroniques et indépendantes né il y a quinze ans à Lyon, ce festival est connu pour investir des lieux emblématiques de la ville. Le BRASS sera un des points de chute du “Circuit” lors de la soirée d’ouverture : un itinéraire liant l’Ancienne Belgique au Bonnefooi en passant par les Brigittines, le Fuse et la Galerie Horta. Au BRASS, la programmation de cette soirée a été en partie confiée au collectif Rebel’Up! et de son hyperactiviste Seb Bassleer.

En quoi consiste ton travail avec Rebel’up! ?

On est un collectif qui fouille tout ce qui peut se faire en musique électronique en dehors de l’Europe. On a commencé à Amsterdam il y a dix ans et on est très actifs à Bruxelles depuis sept ans : on lance des soirées, des concerts, avec principalement des musiques latino, africaines ou arabes contemporaines ou de la diaspora, qui n’ont pas seulement la caractéristique d’être dansantes mais qui comportent une touche expérimentale.

La soirée au BRASS sera consacrée aux musiques électroniques du bassin méditerranéen ?

Oui ! Il y a quelques années, c’était encore difficile de mobiliser les gens autour de ce type de musique. Mais depuis deux ou trois ans il y a beaucoup d’intérêt pour la musique arabe contemporaine à Bruxelles et plus généralement en Europe. Pour cette soirée au BRASS, la tête d’affiche est Islam Chipsy, un trio égyptien (un claviériste et deux batteurs) qui fait de l’électro chaâbi.

“Ils reprennent les mélodies et rythmes traditionnels du chaâbi (violon clavier, oud) et les transforment en mode acid et rave.  Vraiment électronique, très festif !”

Qu’est ce que l’electro chaâbi ?

C’est un style de la banlieue du Caire, festif et tradi-pop. Au départ c’est une musique “ghetto”, derrière laquelle il y a une critique du pouvoir, toujours sous forme de blagues. C’est une musique qui porte l’idée d’une force des classes populaires. Elle a été déconstruite, retravaillée avec des beats hip-hop, et ça a donné naissance à l’électro chaâbi. C’est un réel phénomène. Quand ça a commencé en 2008, la middle/upper class égyptienne détestait cette musique car pour eux, elle représentait les pauvres. Mais aujourd’hui, tout le monde en écoute en Égypte, et ça a largement dépassé les frontières du pays.

Qui partage la soirée avec Islam Chipsy ?

Arkan Mushtak Synth Trio, mené par un jeune claviériste irakien réfugié qui mêle des mélodies anciennes envoûtantes avec un bonne dose d’électro contemporaine. Enfin, il y aura YZ et Jabo, deux artistes belges qui puisent dans leurs racines marocaines en fondant des rythmes traditionnels arabes avec des beats contemporains, techno, R’nB, tropical, urban, et même un peu d’italo disco. Ce sont des artistes qui proposent des musiques vraiment étonnantes en termes de métissage et de mix d’identités.